Insomnie psychophysiologique : la forme la plus courante de l’insomnie


C’est un fait, les Français dorment de plus en plus mal et surtout de moins en moins ! En effet, selon les résultats d’une récente étude menée par l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance, près d’un quart des Français souffrent aujourd’hui de mal de dormir qui se présente sous la forme de nuits blanches, de somnolence anormale ou encore de réveils difficiles. Tandis que la moitié avouent manquer cruellement de sommeil. Résultats : ils ont l’impression d’être constamment fatigués. Si le manque de repos et la mauvaise qualité de sommeil est souvent dû aux modifications du rythme circadien ou encore des retards ou avances de phases, dans 20 % des cas, des facteurs exogènes peuvent être également responsables. Il s’agit généralement de troubles de sommeil connu sous le nom d’insomnie psychophysiologique. Le point.

L’insomnie psychophysiologique en détail

Pour rappel, l’insomnie se caractérise par un sommeil perturbé par des réveils nocturnes fréquents ou prolongés. Mais aussi, un sommeil difficile à obtenir, insuffisant en terme de durée et dont la qualité se retrouve fortement altérée et non réparateur. Et cela, en dépit d’occasions et des circonstances propices au sommeil. On peut également parler d’insomnie lorsque le sujet est exposé à des réveils prématurés le matin avec une incapacité de se rendormir. Concrètement, l’insomnie est donc bien plus un problème d’éveil que de sommeil.

Pour sa part, l’insomnie psychophysiologique se caractérise généralement par un état d’hyper réveil qui persiste pendant l’endormissement voire pendant le sommeil. Cet état de suractivation peut être d’origine physiologique, cognitive ou encore émotionnelle. Néanmoins, selon les spécialistes, la fragilité du sommeil intrinsèquement liée à cet état va activer une anxiété générée par le coucher et l’angoisse de ne pas dormir. En effet, il a été constaté que l’insomnie psychophysiologique avait tendance à se nourrir d’elle même. De fait, une fois un conditionnement négatif installé, elle tend à s’auto-entretenir. L’insomnie va alors évoluer petit à petit jusqu’à ce que s’installe progressivement une forme d’anxiété anticipatoire et une angoisse de performance pour le sommeil. Au fur et à mesure, le sujet va tellement angoisser à l’idée de ne pas dormir qu’il va inexorablement créer lui-même un terrain prépondérant à un mauvais endormissement.

En pratique clinique, l’insomnie psychologique est considérée comme une fausse insomnie dans le sens où le sujet se persuade qu’il souffre d’insomnie. Or, les examens polysomnographiques démontrent que celui-ci dort de façon tout à fait satisfaisante. En réalité, le sujet a tout simplement du mal à évaluer la qualité et la quantité de son sommeil. Un peu comme dans le cas d’une insomnie paradoxale.

Qui peut être touché par cette forme d’insomnie ?

Pratiquement tout le monde peut souffrir à un moment donné de sa vie de problèmes d’insomnie psychophysiologique et un sommeil perturbé. D’ailleurs, selon les spécialistes, il s’agit de la forme d’insomnie la plus courante. Elle touche en effet, près d’un tiers de la population au moins une fois dans leur vie. Ainsi, il n’y a pas de profil type de personnalité ou encore de prévalence. Néanmoins, certains facteurs peuvent augmenter le risque de développer ce trouble du sommeil :

  • Le vieillissement
  • La tendance à refouler ses émotions
  • L’hypervigilance
  • Un terrain anxieux
  • L’hyperactivité mentale et physiologique
  • La rumination mentale

Les conséquences d’une insomnie psychophysiologique

À l’instar de toutes les autres formes d’insomnie, l’insomnie psychophysiologique peut entraîner des répercussions désastreuses sur le bon fonctionnement de votre organisme et sur votre bien-être. En effet, outre un manque de récupération mentale et physique, un sommeil perturbé et de mauvaise qualité est à l’origine de somnolence diurne. Celle-ci peut provoquer de nombreuses altérations. À savoir :

  • Les troubles de l’attention
  • La fatigue nerveuse
  • Le dysfonctionnement social ou professionnel
  • L’irritabilité
  • Les troubles de l’humeur
  • Une diminution de l’énergie
  • L’altération des performances
  • Le manque de vigilance

Par ailleurs, l’insomnie psychophysiologique peut également favoriser le développement de maladies organiques cardiovasculaires ou métaboliques, mais aussi psychologiques tels les troubles anxieux ou encore la dépression nerveuse.

Chaleur et insomnie : quel rapport ?

Nous le savons aujourd’hui, la hausse de température perturbe le sommeil. En effet, il a été prouvé que lorsqu’il fait chaud, chaleur et insomnie vont souvent de pair. Et pour cause, la thermorégulation corporelle a une influence prépondérante sur le rythme circadien. Ainsi, on met plus de temps à s’endormir quand il fait chaud et surtout on dort d’un sommeil plus fragmenté. D’ailleurs, il est à savoir que durant la phase d’endormissement, le corps a besoin de baisser sa température. Selon les études, l’idéal pour bien dormir est une température ambiante se situant entre 22 °C et 23 °C. Toute variation par rapport à cette référence peut donc engendrer des perturbations des différentes phases de sommeil. Voilà encore qui prouve que chaleur et insomnie sont intimement liées.

Les solutions pour vaincre l’insomnie psychophysiologique

Si les médicaments peuvent aider ponctuellement à faire face à une insomnie psychophysiologique, il est à savoir qu’il s’agit d’un traitement de dernier recours. D’autant plus que les traitements médicamenteux peuvent avoir des effets secondaires comme une accoutumance. Dans certains cas, il peut même augmenter le risque d’insomnie de rebond. Pour mieux dormir, la meilleure solution est de corriger les mauvaises habitudes et apprendre à adopter une bonne hygiène du sommeil qui va favoriser l’endormissement. Cette bonne hygiène du sommeil passe avant tout par une réduction drastique de l’hyperactivité mentale et physique à l’heure du coucher. Aussi, la mise en place de certaines habitudes peut également améliorer grandement l’hygiène du sommeil. À savoir :

  • Maintenir une grande régularité possible dans les heures de sommeil
  • Dormir dans un environnement calme, sombre, tempéré et bien aéré
  • Éviter de faire des siestes
  • Se dépenser et se détendre après une longue journée de travail

Aussi, les thérapies cognitives et comportementales peuvent s’avérer très intéressantes dans le traitement à long terme de cette forme d’insomnie. De fait, les thérapies cognitives et comportementales visent à modifier les comportements qui facilitent l’insomnie et certains mécanismes de pensées. Ceci, en travaillant sur l’angoisse et les situations de blocage ou encore les blocages émotionnels.

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Ingénieur de formation, Mathieu Vénisse décide, en février 2012, de changer de vie. Il crée Penser-et-Agir.fr, le site sur lequel il développe son approche innovante du développement personnel baptisée "Le développement personnel par l'Action".Aujourd'hui, Penser et Agir est reconnu comme étant le blog leader sur la thématique du changement de vie avec plus de 400 000 visiteurs par mois, plus de 60 000 abonnés à la newsletter et plus de 3 000 personnes qui ont déjà fait confiance à Mathieu et suivi ses formations en ligne.Vous souhaitez aller plus loin ? Découvrez le livre, les formations vidéo en ligne et les séances audio d'auto-hypnose amplifiée« Parce qu'un seul choix peut tout changer... » - Mathieu Vénisse

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