Respiration kapalabhati : à la rencontre d’une technique tonifiante


Respirer : un réflexe inné qui nous caractérise en tant qu’être vivant. Que nous soyons endormis ou éveillés, l’inspiration et l’expiration se succèdent dans un ordre régulier. Et ce, indépendamment de notre volonté. C’est ce qui nous permet d’effectuer efficacement les différentes tâches quotidiennes. Malheureusement, nous n’utilisons normalement qu’une partie (10 à 20 %) de notre capacité lorsque nous respirons. Sans une quantité suffisante d’oxygène cependant, le corps ne peut pas fonctionner de façon optimale. C’est pour remédier à cette situation — et en même temps combattre le stress — que diverses techniques de yoga, de méditation et de concentration mentale ont vu le jour. Néanmoins, la plupart des exercices de pranayama qu’elles incluent se portent principalement sur l’inspiration. Avec la respiration kapalabhati, en revanche, vous travaillerez plutôt sur votre expiration. Zoom sur cette technique.

L’essence de la respiration kapalabhati

Dans le taoïsme comme dans l’Ayurveda, la respiration prend une grande place. Par exemple, l’apprentissage du pranayama constitue l’un des principaux éléments de la pratique du yoga. En effet, c’est ce qui vous permettra d’apporter un certain équilibre au niveau de votre corps et de votre esprit. Il vous aidera également à nettoyer et à purifier votre force vitale (prana).

Néanmoins, ces techniques ne se focalisent généralement pas sur l’expiration. Sauf pour la respiration kapalabhati. C’est d’ailleurs ce qui rend cette dernière unique en son genre. À titre indicatif, ce terme vient de deux mots sanskrits : « Kapala » (crâne) et « Bhati » (lumière ou faire briller). Dans le sens littéral, on peut donc dire que cette pratique vise à « faire briller le crâne ». Mais plus précisément, elle nettoie les voies nasales et les sinus. Ce qui a le pouvoir de promouvoir l’apport d’oxygène vers le cerveau.

Par ailleurs, la respiration kapalabhati constitue l’une des six Shat Kriyas (techniques de purification interne) enseignées dans le yoga hatha. Elle n’inclut pas de rétention d’air. Ce qui incite certains spécialiser à ne pas la considérer comme un pranayama « formel ». Elle joue toutefois un rôle important pour réguler le souffle. C’est pourquoi de nombreux yogis y ont souvent recours.

Les bienfaits de la respiration kapalabhati

Pour combattre le stress, les systèmes philosophiques et religieux d’antan — dont le taoïsme et la médecine traditionnelle indienne — mettent à notre disposition diverses solutions. Pour beaucoup de personnes qui pratiquent régulièrement la respiration kapalabhati, elle constitue un excellent moyen à cet effet. Et pour cause, il s’agit d’une parfaite alternative pour améliorer l’oxygénation du sang. Ce faisant, elle aide aussi les tissus du corps à se régénérer. Ce qui ralentit à son tour le vieillissement cutané. Pour les yogis, c’est un exercice d’un grand bénéfice spirituel puisqu’elle contribue à la purification des nadis — canal énergétique qui remonte le long des sept chakras principaux. Contrairement aux autres techniques de respiration contrôlée cependant, elle n’a pas un effet calmant, mais sert plutôt d’un coup de boost.

Ainsi, si vous ressentez le besoin de refaire le plein d’énergie, la respiration kapalabhati saurait certainement vous aider. De même, elle vous serait utile pour :

    • Nettoyer les voies respiratoires ;
    • Renforcer et tonifier le diaphragme et les muscles abdominaux ;
    • Libérer les toxines ;
    • Améliorer le fonctionnement du tube digestif, l’absorption et l’assimilation des nutriments ;
    • Éclaircir l’esprit ;
    • Focaliser l’attention ;
    • Aider à la perte de poids ;
    • Dynamiser le système nerveux et
    • Rajeunir les cellules du cerveau.

La respiration kapalabhati en application

Commencez par vous asseoir dans une posture confortable. Vous pouvez notamment opter pour le Sukasana (la position de tailleur), le Padmasana (le lotus) ou encore le Vajrasana (posture du diamant). Quoi qu’il en soit, gardez votre colonne vertébrale droite. Ensuite, suivez ces quelques étapes.

    1. Prenez deux ou trois respirations profondes, puis expirez complètement par le nez.
    2. Inspirez brièvement par les deux narines, puis expirez avec force (de nouveau par le nez) en tirant votre nombril vers votre colonne vertébrale. L’expiration doit être brève et très rapide. L’inspiration, quant à elle, doit jouer un rôle purement passif ; ne vous en souciez pas.
    3. Procédez ainsi 30 fois — en comptant vos expirations. (Si cela vous semble difficile, commencez par 15 et augmentez progressivement.)
    4. Reposez-vous pendant une minute en respirant profondément.
    5. Puis, répétez le même processus trois fois.

Comme tout pranayama, la respiration kapalabhati doit se pratiquer avec un estomac vide. De même, il est préférable de l’entreprendre le matin plutôt que le soir. Ne le faites jamais avant de dormir parce que son effet stimule le système nerveux. Votre métabolisme se réveillera ainsi, ce qui peut vous empêcher de profiter d’un temps de repos réparateur. Comme c’est une méthode de purification yogique (Shatkarma), elle constitue une excellente pratique à faire avant les autres exercices de pranayama.

Les précautions à prendre

Bien entendu, la respiration kapalabhati est une technique très efficace pour combattre le stress. Cependant, il s’agit avant tout d’une pratique destinée aux adeptes de niveau intermédiaire — voire avancé. C’est-à-dire que vous ne devriez probablement pas la mettre en application si vous ne maîtrisez pas encore les exercices de base. Par conséquent, initiez-vous d’abord à la respiration complète et ses composantes (respiration ventrale, thoracique et claviculaire) ou à la respiration de l’océan avant d’enchaîner avec la respiration kapalabhati. Il en est du même pour la respiration inversée qui tire son origine du taoïsme. Il serait également plus judicieux pour vous de l’éviter si vous souffrez à l’heure actuelle d’hypertension, d’une quelconque maladie cardiaque ou d’une hernie. Si vous forcez trop votre corps, cela finira sans doute par un malaise.

De même, les femmes enceintes (ou qui viennent d’accoucher) devraient consulter un professionnel de la santé qualifié avant de décider de l’effectuer. En règle générale, il vous préconisera de vous abstenir. Quoi qu’il en soit, il faut toujours aborder la pratique avec prudence — comme pour tous les différents autres types de respiration d’ailleurs. En particulier, si vous êtes sujet à un trouble respiratoire, comme l’asthme ou l’emphysème pulmonaire. Enfin, pensez à vous faire accompagner d’un yogi expérimenté lors de la première séance pour que celui-ci puisse vous guider ou vous assister. En cas de vertige, de nausée ou de sensation d’étourdissement, reprenez immédiatement votre souffle habituel. Dans l’éventualité que la pratique de la respiration kapalabhati entraîne un évanouissement, il est primordial de ne plus y avoir recours à l’avenir.

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Ingénieur de formation, Mathieu Vénisse décide, en février 2012, de changer de vie. Il crée Penser-et-Agir.fr, le site sur lequel il développe son approche innovante du développement personnel baptisée "Le développement personnel par l'Action".Aujourd'hui, Penser et Agir est reconnu comme étant le blog leader sur la thématique du changement de vie avec plus de 400 000 visiteurs par mois, plus de 60 000 abonnés à la newsletter et plus de 3 000 personnes qui ont déjà fait confiance à Mathieu et suivi ses formations en ligne.Vous souhaitez aller plus loin ? Découvrez le livre, les formations vidéo en ligne et les séances audio d'auto-hypnose amplifiée« Parce qu'un seul choix peut tout changer... » - Mathieu Vénisse

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